J92 19/08/2017 Un samedi dans les rues de Kashgar

Le matin a été utilisé à une discussion pour clore le litige qui nous oppose à l’agence qui a organisé notre passage en Chine. De 4 jours au moment du contrat, le temps nécessaire est passé à 5 puis à 6 pendant le voyage, alors que nous ne pouvions plus objecter. Mais nous voyons maintenant que seulement 4 jours auraient suffi s’ils avaient été bien utilisés. Et donc nous refusons de payer les 2 jours supplémentaires. Au bout de 3h de discussion, nous tombons d’accord. Nous quittons Kashgar lundi et passons la frontière mardi. Nous ne payons que 4 jours.

Réparation de la sandale droite de JL. C’est la 4e fois que cette sandale passe dans les mains d’un cordonnier. Et sans rechigner, à chaque fois, l’homme trouve un moyen de lui redonner un peu de vie. Cette fois-ci, c’est de la chirurgie, la boucle arrière est complètement retirée et remplacée par une lanière toute neuve avec une accroche Velcro, et c’est reparti, le tout pour 10RMB, un peu plus d’un €.

Ensuite, nous partons nous balader dans la ville. JL a besoin de changer sa ceinture et la lubie est de ne changer que la lanière, pas la boucle. Nous avons déjà essayé dans plusieurs pays, mais à chaque fois, on nous a proposé de couper une ceinture complète et nous avions refusé. Maintenant la ceinture est vraiment au bout du rouleau, il va falloir assouplir notre position. Et donc nous acceptons qu’un vendeur dans la rue coupe une ceinture et adapte la lanière à la boucle existante. Ce qui est fait rapidement, sans que nous nous rendions compte que la lanière est juste un peu trop large et serre dans la boucle. Par contre, raffinement, le vendeur pose des œillets métalliques sur les trous pour améliorer la longévité. Le tout pour 30RMB, à peu près 4€.

Et comme nous sommes au moment du déjeuner, nous en profitons pour manger sur place ce que mangent les gens, c’est à dire un morceau de mouton grillé sur du riz pilaf.

Et nous passons notre après-midi à nous balader dans la ville, nous amusant de retrouver des aspects particuliers de la vie chinoise, les métiers de la rue…

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Nous partons en exploration dans la vieille ville de Kashgar pour tenter de retrouver la femme à qui nous avions acheté des poteries 10 ans auparavant. Nous n’avons pour cela qu’une photo. Mais nous arrivons à retrouver sa maison, les gens la connaissant bien. Dès le premier contact, nous avions compris qu’elle était décédée. Et quand nous arrivons chez elle, c’est le fils que nous avions déjà vu la première fois qui nous accueille. Il souhaite que nous lui donnions une copie de la photo. Nous prenons de nouvelles photos de lui avec JL, et de F avec sa nièce. Les deux sont très émus de voir cette photo. Ce potier est en fait juste le potier actuel, la boutique est dans la famille depuis plusieurs générations. Il semble pourtant que les affaires ne soient pas fameuses, parce que la maison ne nous fait pas une aussi bonne impression que la première fois. Il n’y a plus de femme pour la tenir…

Nuit tranquille dans le parking de l’hôtel.

 

J91 18/08/2017 Bank of China

C’est vendredi, mais nous n’avons pas de RV. Nous prenons contact avec Abdul Wahab, patron de l’agence de voyage de l’hôtel avec lequel JL avait discuté pour organiser le passage en Chine. Il nous trouve un mécano qui veut bien de déplacer pour venir faire un diagnostic du K6 qu’on ne peut pas déplacer. Le technicien déclare qu’un fil est coupé quelque part et qu’il est nécessaire de lever la voiture pour clarifier. RV pris pour lundi après la levée d’écrou, et avant le départ pour Tashkorgan prévu mardi.

Sur le chemin se trouve la plus grosse agence de la banque de Chine à Kashgar. JL décide de faire la même tentative que pour le téléphone. Pour les mêmes raisons il faut abandonner. Mais au moins nous pouvons récupérer l’argent qui se trouvait encore sur le compte, environ 50RMB, et le fermer définitivement.

Nous prenons un grand plaisir à nous promener dans la vieille ville. Les artisans ont déserté l’endroit, mais il reste quelques vendeurs de ferblanterie ou d’objets en bois.

Il reste surtout le marché de nuit où l’on peut manger des plats que l’on ne trouve pas ailleurs, à base d’abats de mouton. Tout est préparé devant nous, et le prix est dérisoire.

Il y a une grosse affluence, et l’on se bouscule joyeusement. Nous retournons à l’hôtel pour notre dernière nuit en chambre, nous avons décidé de coucher les 3 autres nuits dans le K6 sur le parking.

J90 17/08/2017 La douane, juste pour sortir le K6

Le matin, nous nous promenons dans Kashgar, et retrouvons l’ambiance si particulière de cette ville. Nous retournons dans la vieille ville, et trouvons qu’elle a bien rétréci.

Un parc d’agrément a été créé au pied de la falaise qui la borde. JL souhaite remettre en route sa ligne de téléphone portable sur laquelle DongShi a versé une peu d’argent et qui ne fonctionne toujours pas. Nous nous mettons donc en quête de China Mobile. Là, une jeune femme parlant un peu anglais se dévoue pour essayer de changer la carte SIM périmée pour les nouveaux réseaux. Peine perdue : il faut entrer un mot de passe que jL n’a plus et le n° du passeport n’est pas cohérent avec celui du dossier. Il faut abandonner.

Le RV pour reprendre les procédures d’entrée en Chine a été fixé à 15h. Cela peut paraître bizarre, mais en fait, il y a 2 heures en vigueur au XinJiang : l’heure de Pékin, utilisée uniquement par les administrations, et l’heure locale qui est la même que celle du Kyrgyzstan, 2h en retard. 15h heure de Pékin, c’est donc 13h, et comme les douanes reprennent le travail à 16h30 heure de Pékin et qu’il faut plus d’une heure pour aller de Kashgar au point de contrôle de l’immigration, c’est cohérent. La guide arrive avec une voiture standard, et une personne qui n’a rien à voir avec nous. Nous sommes 5 dans cette petite voiture et comme nous sommes en avance, nous devons attendre. Mais les papiers du K6 ne sont pas prêts et en tout nous attendons 1h30. Heureusement, nous avons demandé l’autorisation d’aller dans le K6 et nous nous faisons un café pour passer le temps, car il pleut des cordes. Délicatesse des douanes qui nous font payer le parking et (sic) l’ouverture du portail. Retour à Kashgar par le chemin des écoliers, nous n’avons pas de plaque d’immatriculation donc pas d’identification pour l’autoroute. Nous allons direct dans le service après-vente de VW à Kashgar, et cela se passe mal. Tout d’abord il faut payer (environ 30€) pour entrer le véhicule dans l’atelier. Ensuite, ils ne maintiennent que les véhicules qu’ils ont vendus. Et finalement, ils ne sont pas compétents en diesel. Nous repartons, un peu ulcérés. On remet cette tâche au lendemain, et tout le monde va se coucher. Le prochain RV est fixé non pas au lendemain vendredi, mais à lundi matin. Cela peut paraître bizarre et ça l’est. Clash avec l’agence à qui nous ne voulons définitivement pas payer les jours supplémentaires acceptés pendant le voyage. Nous allons dîner dans un restaurant pour nous faire oublier tous ces ennuis. Nous retrouvons alors les Chinois gouailleurs et braillards. Un scooter à 3 roues avec bulle attire notre attention devant une agence de jeu. Le propriétaire nous le montre gentiment, et annonce le prix environ 2000€.

Deuxième nuit dans cet hôtel un peu vieillot mais décoré de façon amusante.

J89 16/08/2017 A nous, la Chine !

Cette frontière est exceptionnelle dans le sens qu’elle comporte un grand nombre d’étapes à franchir, dues partiellement à l’altitude. Un premier poste pour contrôler l’existence de visas chinois se trouve à plus de 70km du col. Ensuite, la route est exclusive jusqu’au sommet du col de Torugart.

20Km plus loin nous doublons une deuxième file de camions, sortie du Kyrghizstan. Le stylo de Françoise fait des patés sur les papiers à remplir. Nos passeports sont tamponnés. Les fils de fer barbelés apparaissent mais il y a encore des campements de nomades de l’autre coté.

Les Kyrgyzes auront été plus sympas aux frontières que ce qu’on avait pu anticiper des différents blogs et guides.

A partir de ce poste frontière, bizarrement, la route ne monte plus : nous sommes à 3600m, altitude du col. C’est très beau, nous sommes entourés de montagnes. L’horizon est fait sur 180° de sommets élevés couverts de neige. Pendant de longs kilomètres, nous longeons le lac Chatyr Kul, impressionnant à cette altitude. Mais nous n’avons pas le droit à l’arrêt, et il y des miradors de temps en temps. Pas question de provoquer les douaniers et de se faire retarder.

Troisième file de camions pour le passage du col. Nous doublons le tout et nous trouvons en tête. Mais interdiction de franchir la barrière : nous devons attendre le guide qui doit arriver de l’autre côté. Il est 9h, heure du Kyrgyzstan. Et brusquement, nous nous rendons compte que le guide n’arrivera pas avant au moins 3h, car le RV a été fixé au plus tôt à 11h locales, c’est à dire la même heure qu’au Kyrgyzstan, et 2h plus tard qu’à Pékin. Des groupes commencent à arriver de Chine et franchissent la barrière pour rejoindre le taxi ou le bus qui les attend de notre côté. Nous commençons à nous demander pourquoi notre guide qui est seul ne se présente pas. Nous sympathisons avec un jeune couple hollandais en 4×4 Toyota qui va passer un mois en Chine (7000€ quand même, joli cadeau de mariage). A 10h45, un Chinois nous informe qu’un guide cherche des Français. JL va voir et joint notre guide qui mélangeait nos noms avec ceux du groupe qu’il avait monté côté chinois. Les douaniers nous poussent vigoureusement à franchir le col immédiatement avant qu’ils ne ferment la frontière pour leur déjeuner. Notre guide perd du temps à discuter avec les douaniers au sujet d’un Serbe qui mendie une place dans une voiture pour aller à Kashgar. JL doit le rappeler à l’ordre, mais le mal est fait, au bout des 6km de route pour le 1er chck-point, les douaniers mettent la chaîne devant nous, et nous devons attendre dans le K6 dans un environnement sale sans que nous sachions combien cette pause allait durer. Finalement, le guide nous avoue que nous en avons pour 3h. Déjeuner donc, mais la moutarde commence à monter au nez. A la fin de la pause, la chaîne est enlevée et nous passons en quelques secondes. 100Km plus loin, le poste de douane réel nous attend.

Les camions d’un côté, nous de l’autre dans un hall totalement vide. Les formalités vont assez vite, nous avons toujours au moins 3 personnes pour nous aider dans les paperasses. Puis c’est le passage du K6 au scanner. Un passage, c’est 10mn, nous sommes en 8e position. Une heure et demi plus tard donc, nous attendons le résultat. Là, nous sommes informés que, pour des raisons de lutte contre la corruption, le cliché est envoyé à Urumqi qui renvoie ses commentaires ou une acceptation. Il faut attendre une autre heure et demi qu’un officiel vienne et demande à JL des explications sur le cliché. Il y a une zone d’ombre à l’arrière du K6 qui a suscité des questions. Réservoir d’eau ? Batterie du frigo ? C’est dans la struture. Finalement, le douanier abandonne et signe le papier. Entretemps, les Hollandais nous ont rejoints et F discute avec la jeune femme, apprend qu’ils vont quitter Kashgar vendredi matin, soit le 3e jour du séjour. Nous, nous sommes bloqués jusqu’à lundi matin, car nos procédures vont durer 3 jours. La moutarde continue à monter…Le Serbe descend à Kashgar dans la voiture du guide des Hollandais en échange de 100$ au chauffeur. Nous laissons le K6 dans une zone hors douane et partons dans le minibus de l’agence de voyage locale pour Kashgar. En cours de route, nous réservons une chambre dans un hôtel à Kashgar qui accepte les voyageurs couchant dans leur véhicule sur le parking. Nous devons passer au moins 6 nuits sur place, nous choisissons de passer les 3 premières dans une chambre et le reste dans le K6. Le guide nous transmet le dossier car ce n’est pas lui qui fera la suite. Dans ces papiers, notre itinéraire en chinois. Après explications, nous comprenons qu’il est prévu une excursion dans le désert lundi, ce que nous n’avons pas demandé. Maintenant, le schéma de ce passage à Kashgar ressemble vraiment à du service forcé. De 4 jours à l’origine, les formalités sont passées à 6 jours et il y a un risque d’avoir à payer une prestation non demandée. L’hôtel n’est pas récent, mais il est typique, c’est amusant, et la plomberie est à peu près en bon état. La connection wifi ne suit pas, ou la censure, mais impossible d’atteindre gmail.

J88 15/08/2017 Encore un pont coupé

Encore une vingtaine de km de piste et de poussière avant de rejoindre la route goudronnée qui mène à Naryn. Mauvaise surprise le pont est coupé juste avant Ak Tal. Et vu le débit du torrent il n’y a pas de gué. Nous faisons 4km de piste à contre sens de notre direction avant d’arrêter une voiture et de comprendre que nous nous fourvoyons. Demi tour donc et nous nous engageons sur une route qui est un cul de sac sur notre GPS. Mais les habitants de villages que nous traversons nous confirment que nous sommes dans la bonne voie.

80km de piste poussiéreuse plus loin, un pont et de l’autre coté la route goudronnée enfin.

Le K6 n’a pas aimé ce dernier épisode de poussière et ses voyants d’alerte sont de nouveau allumés.

Naryn. Nous mangons devant une école à l’ombre d’un arbre. Le bazar est sans intérêt, mais nous pouvons trouver des fusibles pour l’éclairage de notre salon, et une poste pour envoyer une dizaine de cartes postales. Achat de pain, de fruits (ah, si nous avions su!) lavage du K6 pour présenter bien à la frontière, plein de gazole et d’eau potable à une des pompes à main qui alimente la ville, et nous partons à l’ascension du col le plus difficile à franchir des frontières chinoises. Frontière sino-kyrghize à laquelle nous sommes attendus demain.

Un autre col et un autre plateau en altitude. La route est belle lisse et évite les village qui se trouvent sur ce plateau, mais elle est souvent bordée par les cimetières. Les troupeaux de chevaux et aussi ceux de moutons la traversent sans embarras. Un camion finit de brûler sur le bas côté, les autres roulent dans la même direction que nous.

Dans l’après-midi nous atteignons l’embranchement de la piste qui mène à Tash Rabat. Monastère chrétien du XXII ou caravansérail les historiens s’interrogent. En pierre sèche, il est posé au creux d’un vallon herbeux à 3200m d’altitude. Un ruisseau coule dans le creux du vallon. Ce lieu pousserait à la méditation si ce n’est les campements de yourtes à touristes installés à proximité avec les nuisances qui les accompagnent principalement la musique.

Sans prendre le temps de méditer mais seulement celui d’en faire le tour nous ressortons de la vallée pour nous rapprocher de la route qui mène en Chine. Une fois de plus nous nous arrêtons à l’écart dans une prairie, ce soir en compagnie des marmottes.

Comme souvent au Kyrghizstan nous entendons des voitures circuler sur la piste tard le soir.

J87 14/08/2017 Nous piétinons les edelweiss

Nous déplaçons le K6 pour nous mettre à pied d’œuvre pour une montée à un sommet choisi au hasard. Celui-ci a un névé juste sous le sommet. Montée dans les alpages, il n’y a aucun sentier. De temps en temps, une yourte et le campement avec beaucoup d’enfants jouant dans les champs qui nous interpellent dans des langues que nous ne pouvons pas comprendre.

A un moment, nous repérons un cheval qui se découpe à contre jour sur le ciel au dessus de nous. Un peu plus tard, alors que nous croyons le rejoindre, nous le voyons monter exactement dans la trajectoire que nous avons choisie. C’est un cavalier avec 2 chiens. Pause déjeuner, puis nous atteignons le sommet.

Il ne fait pas très beau, les nuages s’accrochent aux sommets. Le panorama est grandiose, nous voyons le cirque complet à 360°, il y a de la neige tout atour. En bas, le lac est une grande étendue plate et brillante. Nous décidons de redescendre par la même itinéraire vers le K6 qui ne représente plus qu’un pixel dans le paysage. Et nous croisons le cavalier qui de loin nous demande de quel pays nous venons, et qui passe sans s’arrêter après nous avoir souhaité bon voyage. Dans le vallon voisin, les troupeaux commencent la descente.

Les bergers à cheval les poussent, sans chien. Deux grands troupeaux de plus de 100 bêtes. La descente sera longue. Nous atteignons le K6 en fin d’après-midi. Il faut déjà songer à trouver un endroit pour la nuit. Comme nous ne souhaitons pas dormir à 3000m, nous prenons le chemin de la descente ; via le col Moldo Ashuul.

Route non asphaltée, descente rapide sur elle-même et vertigineuse dans un paysage alpin très escarpé. Nous trouvons un coin très sympa un peu à l’écart de la route, dans un pré près du petit torrent qui ne fait pas trop de bruit. Toilette facile et nuit calme. Des voitures et des camions descendent du lac dans la soirée.

J86 13/08/2017 Ah, les yourtes !

Le père de la famille du guesthouse de Koshkor est seul pour nous dire au-revoir, mais il a un grand sourire, et nous montre un pouce en l’air quand nous partons. Visite obligatoire au bazar pour acheter des fruits et du pain, et nous voilà en route. L’objectif n’est pas clair, mais la direction est donnée : le lac de Song Kul pour une journée ou deux de randonnée. Sur la route qui nous y mène et qui n’est pas goudronnée, un embranchement retient notre attention, vers Tar Cyy. C’est un chemin de montagne, probablement utilisé uniquement par les 4×4. On peut le suivre depuis la crête où nous sommes montés pour voir la vue. Il suit la ligne de crêtes et se perd loin dans les chaînes qui se succèdent. Le panneau dit 16km pour Tar Cyy. Alors nous y allons en pensant pouvoir nous faire héberger ou seulement nourrir par des bergers dans les alpages. Le chemin est très aérien et les pentes sont rudes, mais le K6 avance vaillamment. Au bout des 16km, comme prévu, un campement de plusieurs yourtes disséminées dans un vallon. A la première yourte, une jeune femme parlant un peu l’anglais nous répond qu’ils ont déjà des hôtes pour la nuit.

Pas moyen de lui faire comprendre que nous pourrions nous contenter d’un emplacement à côté de la yourte pour la nuit, ou simplement elle ne souhaite pas nous voir autour, la conversation dérive sur le reste de la route qui continue jusqu’à Song Kul sur 30km. Le mari nous dit que la qualité de la route est pire que ce que nous avons vécu pour venir jusque là. Nous rebroussons donc chemin et reprenons la route normale, dite « du sud ». C’est assez cabossé, mais roulable jusqu’au pied du col qui monte au lac. La route monte sur elle-même, les lacets sont serrés.

Nous trouvons un emplacement pour la nuit au dessus du lac, avec un panorama fantastique. Nuit fraîche et super calme.

J85 12/08/2017 On descend de la montagne à cheval

Au petit matin, nous pensons qu’en fin de compte, il n’a plu que quelques minutes vers 6h. Mais en sortant de la yourte, nous pouvons constater qu’il a neigé toute la nuit à 50m au dessus de nous. Le ciel est totalement bouché vers le verrou que nous devons passer à cheval pour monter au deuxième lac, et de gros nuages noirs ont tout envahi. Décision est rapidement prise d’abandonner la randonnée vers le 2e lac, de redescendre et d’aller voir le marché aux bestiaux qui est le plus grand du pays, mais qui se termine vers 14h. Il fait froid, sauf dans la yourte principale où Aïnouka prépare le petit déjeuner. « Petit », car en fait, c’est une repas complet qui nous attend, avec notamment du poisson grillé fraîchement pêché dans le lac.

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Le harnachement des chevaux prend du temps, tout est trempé et froid. Nous repartons encapuchonnés finalement vers 10h, sous un ciel toujours plombé. Les chevaux mettent un peu de temps à se réveiller, et le passage le long du lac est plus impressionnant à la descente qu’à la montée.

Nous arrivons à Koshkor trop tard pour le marché aux bestiaux et devons nous contenter de visiter rapidement le village de Stalbek, avec la statue de Lénine (Lénine d’hiver, parce qu’il a son manteau) comme principale attraction. Nous passons un peu de temps à tirer les photos pour les faire passer à Aïnouka via Ali rencontré dans la rue.

Dîner dans la guesthouse avec un couple de jeunes français sympathiques comme nous en rencontrons beaucoup en vacances au Kyrgyzstan.

J84 11/08/2017 A cheval ! Il va grêler.

Après un peu de préparation, les sacs et les chaussures à pied d’oeuvre, nous attendons avec quelque anxiété notre guide Stalbek qui doit nous emmener au point de départ de la randonnée. Une magnifique Audi 100 rouge de 30 ans d’âge conduite par un fou furieux nous monte à la bergerie où nous attendent les chevaux, à 2000m d’altitude. Nous avions rencontré Stalbek dans le bureau de l’AFKE à Bishkek, c’est un jeune sportif de 20 ans, toujours souriant et attentif, parfaitement à l’aise en anglais. Il habite Koshkor et y connaît tout le monde. Nous rejoignons Ali qui a le même âge et pèse dans les 120kg. Il joue le rôle de palefrenier, c’est lui qui s’occupe des chevaux. Il est le fils du couple qui va nous héberger à l’alpage. Les chevaux sont prêts, il ne reste plus qu’à attacher les sacs aux selles et en route. Pour F comme pour JL, l’expérience du cheval se limite à une balade datant d’au moins 20 ans. Mais la confiance est là, et les chevaux sont fins, tout va bien. Nous remontons le lit d’un torrent jusqu’à l’alpage à 3000m. Un peu de panique de la part de F lorsque Ali décide de nous faire galoper, des étriers réglés un peu courts pour JL, mais globalement, l’expérience est très positive, nous avons beaucoup apprécié de pouvoir monter sans avoir à regarder nos pieds.

Après 4h, évidemment, le fondement est un peu talé, les genoux coincés et le dos raide, mais il y a beaucoup moins de fatigue que si nous étions montés à pied. Nous sommes accueillis à la yourte qui doit nous abriter pour la nuit par Aïnouka, 44 ans, gros gabarit, très joviale et directe, qui lie immédiatement amitié avec F.

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Après le déjeuner de riz brun dans un plov arrosé de thé brûlant, nous repartons à pied pour suivre la vallée vers le col. Nous montons pendant 3/4h environ, admirant les alpages et les troupeaux disséminés, la vallée est encore très large. Et brusquement, c’est l’orage violent de pluie et de grêle pendant tout le temps que dure notre redescente. Nous arrivons évidemment complètement trempés et transis. F a pris un pantalon de rechange, mais JL doit se promener le reste de l’après-midi en pantalon de pyjama. Nous assistons à la traite des vaches par le mari et des juments par Aïnouka, mais souvent, il faut se cantonner à l’intérieur de la yourte, car les pluies se succèdent sans arrêt, et la température descend très rapidement.

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Le dîner, une sorte de lasagne à l’oignon, est pris dans la yourte d’Aïnouka et nous filons au lit à 20h. Le lit, c’est une pile de couvertures épaisses en laine dans une housse de tissu chamarré. 2 en dessous pour le matelas, et nous finirons la nuit avec 5 couches sur nous. C’est très lourd, mais nous avons chaud. Dans notre yourte dorment aussi Aïnouka et Stalbek, et dans la yourte principale, le mari et 4 randonneurs passagers. Les gamins et Ali ont dû trouver refuge dans d’autres yourtes de la famille plus loin dans les alpages.

Dans la nuit, un cheval nous réveille en essayant de passer entre les deux yourtes et s’empêtrant dans une petite tente qui était dressée là, juste derrière nos têtes.

J83 10/08/2017 Françoise et la police

Départ direction la route de Koshkor où nous devons nous arrêter le soir pour enclencher le circuit acheté auprès de l’AFKE. F au volant, nous prenons l’ancienne route qui passe par Kant. Tout se passe très bien jusqu’à Kemin où nous rejoignons la nouvelle autoroute. Un premier contrôle routier, examen des papiers, une remarque « Vous ne devriez plus conduire à votre âge, madame » (vérifié plus tard, totalement inexact, il n’y a pas de limite dans ce pays), et nous repartons. Moins de 2km plus loin, nouveau contrôle routier. « Vous devez rouler en code, madame ». Sérieux doute là encore, le K6 est équipé de feux de jour, allumés en permanence. Environ 10km plus loin, contrôle de vitesse, plus sérieux qu’au Tadjikistan, avec un appareil spécifique monté sur pied et qui prend la photo avec la vitesse : 83km/h en agglomération.

Seulement, comme souvent dans ce pays, il n’y avait pas de panneau de fin d’agglomération et F a commencé à reprendre de la vitesse au panneau d’entrée d’agglomération de l’autre côté de la route, ce que le policier conteste, puisqu’il y a encore une maison de notre côté. Arguties, discussions, les voix montent…JL va voir la situation sur place et constate l’absence de panneau avant et après le poste de contrôle. F est sur le point de payer l’amende de 1000soms lorsque les policiers se décident à laisser tomber, bien que JL ait un défaut majeur : il ne joue pas au foot. F refuse de reprendre le volant et JL conduit jusqu’au lac d’Orto-Tokoy à proximité duquel nous déjeunons.

Au moment de reprendre la route de Naryn, nous décidons finalement d’aller voir le lac d’Yssik-Kul où nous prenons un bain normal, en maillots de bain. Sauf qu’il n’y a pas de fond, et qu’il est difficile de nager, mais l’eau est propre. Les autres femmes sont en burkini.

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Nous reprenons la route pour Koshkor, obtenons le contact avec un bureau de tourisme local et logeons à la guesthouse indiquée par l’AFKE. Bonne nuit malgré les lits un peu petits.