J115 11/09/2107 Lucknow, la résidence des Anglais

Pour ceux qui n’ont pas lu « Un garçon convenable » de Vikram Seth, cette ville ne dit probablement rien. Mais il y dans ce livre une description très vivante du système des castes encore en vigueur bien qu’aboli aujourd’hui. Et un amour pour cette ville. L’accueil pour nous est extrêmement rugueux. Il y a des travaux pour une ligne de métro, et il n’est pas difficile de s’imaginer que le chaos habituel de la circulation indienne est multiplié par 10. Voies rétrécies, revêtement absent, poussière, bruit, et surtout embouteillages monstres, avec une majorité de 2 roues très agressifs. Résultat, le K6 mène son combat valeureusement, mais la tâche est difficile, comme d’habitude, nous hésitons souvent sur les directions à prendre, et nous nous faisons bourrer de tous les côtés, étant bien moins manœuvrant qu’une moto. Et donc, bien que nous prenions toutes les précautions possibles, un scooter se vautre sur l’avant gauche du K6 et en se relevant, érafle le pare-choc. Un autre se cale volontairement devant au dernier moment et se fait pousser, éraflure sur les phares. En 2 jours de Dehli et Lucknow, nous avons eu plus de dégâts de carrosserie que pour le reste du voyage. Nous décidons de parquer le K6 à la guesthouse et de ne plus le bouger. Nous refusons même une invitation à venir montrer notre véhicule à l’Alliance Française pour ne pas avoir à naviguer encore dans ce flot sauvage de 2 et 3 roues. Arrivés vers 13h à la guesthouse, nous partons rapidement à la découverte de la ville, à pied pour nous dégourdir les jambes.

La chaleur est accablante, l’humidité extrême. Les T-shirts sont trempés, rapidement couverts de traces de sel. Nous achetons des jus de fruits, grand plaisir des rues en Inde. Nous avons 2 grands verres (300cc) de jus d’ananas et d’orange (les fruits pressés devant nous, sans eau ni glace) pour moins d’un €. Comment ne pas saliver ?

En cours de chemin, nous sommes attirés par un mausolée bien abîmé mais dans un jolli parc plein d’amoureux, le mausolée de Saadad Ali Khan. Octogonal, il est coiffé d’une coupole en pierre. La particularité réside dans le fait que la coupole extérieure est en fait une sur-coupole. Il y a une voûte en coupole à l’intérieur, et on a accès à l’espace entre les deux voûtes. Dans le même parc, un autre mausolée pour les 3 femmes du même Saadad qui d’ailleurs a construit une grande partie de la Résidence.

Nous allons donc ensuite voir cette Résidence qui était l’enclave anglaise pendant le gouvernement de l’Inde. Au moment de la révolte des Cipayes, les résistants à l’occupant ont assiégé cette résidence pendant plus de 4 mois, et il y a eu des milliers de morts, y compris le gouverneur anglais. Les bâtiments restant debout ont été laissés en état depuis, les autres ont été rasés. Il en résulte un grand parc où se trouvent des bâtiments en ruine dont les murs sont criblés de trous d’obus et de balles. C’est assez impressionnant.

C’est aussi très agréable, cet espace de paix au milieu du chaos urbain.

Nous continuons notre balade jusqu’au mausolée Imambara, en sachant que nous ne pourrons pas visiter l’intérieur, il est déjà trop tard. Mais nous entrons dans le parc et c’est magnifique au soleil couchant. Les touristes indiens se pressent autour de nous pour prendre des selfies, c’est très amusant.

 

Pour revenir à la guesthouse, nous optons pour une voiture à cheval, malgré les km. Dîner dans un café branché près de la guesthouse et au lit, cette nuit notre chambre a l’air conditionné et une salle de bain, demain nous changerons pour plus rustique.

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