J64 22/07/2017 Trop de poussière

Ce matin, le K6 fait un peu la grimace. Il avait déjà eu des hésitations au démarrage, mais là, cela sent le problème : le pied sur l’accélérateur pendant au moins 10 secondes avant qu’il veuille bien bouger. Le régime moteur ne monte pas dans les tours. Après quelques km, il semble que le phénomène ne se produise plus. Bon, de nouveau le voyant du filtre à particules est allumé. La route longe une barrière de fils de fer barbelé qui délimite la zone non attribuée entre la Chine et le Tadjikistan.

Il y a quelques trous qui ne semblent pas récents et font penser que cette zone n’intéresse plus la Chine. Nous profitons du paysage qui devient conforme aux cartes postales à l’arrivée sur le lac Karakul. Les eaux bleues sur fond de montagnes enneigées, magnifique. Nous nous arrêtons dans le petit village de Karakul et trempons un doigt dans le lac, même pas salé.

 

Nous refaisons le plein d’eau potable à la pompe du village, et repartons à la montée du col de Kizyl-Art où se trouve le poste frontière avec le Kirghizstan. Quelques gouttes de pluie font baisser la température. Déjeuner prudent 3km avant la barrière, devant un monument grandiloquent souhaitant probablement la bienvenue dans le Pamir.

Nous avons vu un paquet de cyclistes aujourd’hui. Certains roulent à 7 de 3 nationalités différentes. Nous avons aussi croisé des Chinois à pied parce qu’ils croyaient pouvoir utiliser des transports en commun. Or il n’y en a pas sur ce tronçon. Normal, il n’y a personne ou presque.

Le poste de douane du Tadjikistan est à quelques km du col. C’est un endroit assez vétuste et sale, même si on prend en compte que ce poste est ouvert toutes l’année donc parfois à -50° en hiver.

 

Il faut attendre que le souper (sic) des douaniers soit terminé pour qu’ils veuillent bien s’occuper de nous.

Le premier, en charge des transports, exige derechef 30 somonis parce que nous n’avons pas d’itinéraire. Refus énergique, même après qu’il ait baissé son tarif. Le Russe à moto derrière nous paie sans même négocier. Les autres intervenants sont plutôt sympas et les démarches se passent rapidement, tout est bouclé en 1/2h, et nous repartons vers l’entrée au Kirghizstan. Il faut passer le col et redescendre 20km pour atteindre le poste Kirghize. L’accueil est professionnel, pas de problème pour payer 1000 somonis (traités par 19$) le droit du K6 de passer un mois au Kirghizstan. Nous n’avons rien à payer pour nous. C’est le passage de frontière nécessitant un visa le moins cher jusqu’à maintenant, et de loin.

La descente se fait dans des paysages grandioses, les montagnes passant du vert émeraude à l’ocre, et finalement toutes les couleurs. Les torrents aussi d’ailleurs.Ce versant est plus vert et nous retrouvons les fleurs alpines dont les marguerites, les myosotis et les escholchias. Nous ne voyons pas le pic Lénine caché par les nuages. Comme d’habitude dans les cols de la route du Pamir, les derniers km avant et après le col sont épouvantables. Il n’y a plus de revêtement, et il faut même quelquefois passer des gués.

Le côté kirghize est beaucoup plus vert que le tadjik. Et immédiatement, l’habitat change. Les nomades sont là, il y a des yourtes, des yacks, des chevaux. C’est le Kirghizstan. A Sary-Tash, le premier village dans la vallée, nous changeons quelques somonis pour des soms et achetons du pain. A cette occasion, nous rencontrons de jeunes Belges qui ont achetés des vélos pour rejoindre la frontière et qui parcourront la route du Pamir à pied. Bon courage, les vélos sont bon marché, et nous connaissons la route qu’il faut monter pour aller à la douane…

Nous repartons, et cela se gâte. 2 autres voyants sont allumés au tableau de bord, ils concernent le préchauffage moteur et le pot catalytique. Mais le plus gros problème, c’est qu’il n’y a plus de puissance. Dans les côtes, le K6 doit rétrograder en 2e pour monter, et cela se fait à 30km/h maxi. Essai de rouler sans filtre à air, pas d’amélioration. Essai de régénération du filtre à particules, d°. Nous essayons d’aller jusqu’à Osh pour trouver un mécanicien capable de nous aider à régler ce problème. Finalement, nous ne pouvons pas rouler de nuit dans cet état, et nous nous arrêtons dans la descente du dernier col 60km avant Osh pour la nuit, près de la route et dans le lit de la rivière.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.